26/04/2017

Interchangeable

Après ma rupture, une personne m'a dit "Puis tu sais, peut être qu'il en a retrouvé une autre". Et, ça m'a beaucoup blessée. C'est pas tant le fait d'imaginer mon ancien amoureux avec une autre personne qui m'a gênée, mais le fait d'être moi aussi, dans cette expression "une autre". Puis, même dans ce verbe, "retrouvé", c'est comme dire qu'on pouvait trouver à nouveau la même chose que chez moi et même pas chez "une personne" mais chez "une autre". Voilà, dans cette expression, les deux choses qui me dérangent, à la fois l'idée qu'on peut retrouver un même sentiment, quelque chose d'exactement pareil qu'avec moi chez quelqu'un d'autre et à la fois l'idée d'être "une autre", c'est-à-dire, une autre femme. A chaque fois que j'entends cette expression, qui est très populaire, j'ai l'impression que toutes les autres femmes et moi y compris, on est interchangeables. 

Dans un premier temps, je pense qu'il est bon de souligner que chaque histoire est différente. Je pense pas, avec le recul, qu'il y ait une question de moins bien ou mieux dans les différentes histoires qu'on vit dans la vie. Oui, certaines peuvent avoir des répercutions mauvaises et d'autres des positives. Mais, parmi celles qui ont eu du positif et du négatif, nous sommes bien d'accord pour dire que chacune d'entre elle a été différente. 

Pourtant, on nous apprend à penser que tout est similaire, que tout est codifié. J'ai l'impression que dans la notion de couple hétérosexuel, il y a tellement de règles, tellement de codes qui sont écrits dans nos crânes. Il faut voir, dès qu'on a un problème de couple, chacune de nos copines qui est aussi attirée par les hommes peut se permettre de nous faire la leçon, de nous reprendre sur notre manière de réagir "face à un mec". On nous apprend à répéter les mêmes schémas. Pour un premier rendez-vous il faut réagir comme si, il faut s'habiller comme ça, il faut ne pas coucher. Pour une rupture, il y a d'abord cette phase, puis celle-ci, puis celle-là. Tout est codifié. Vous trouvez pas qu'on se fait un peu chier dans tout ça? Moi je trouve que si. 

J'en ai marre, en tant que femme, qu'on nous conditionne à être dans un esprit de compétition où il faut être la meilleure possible pour séduire un mâle et avoir une bonne relation de couple. Surtout que, dans cette compétition il n'y a au final que du superficiel, des codes de séduction par le physique et le langage. 

Vous savez quoi? Moi je suis une femme ouais. Mais je suis avant tout Clémence. J'aime les fleurs, j'aime les robes, j'aime le maquillage, comme pas mal de femmes sûrement, d'accord. Et est-ce que c'est seulement ça qui fait mon identité? Sûrement pas.

- J'aime aussi rire, rire très fort, glousser, hurler de rire. J'aime rire jusqu'aux étoiles. Mon rire est une symphonie. Ma symphonie à moi.

Crédits : Jeanne Ménétrier (www.jeannemenetrier.com)
- J'ai pleins de grains de beauté sur tout le corps et du duvet. Avec mes grains de beauté, on pourrait tracer des tas de constellations. Des constellations qui n'existent dans aucun autre univers que dans le mien. 
- Je connais tous les jolis petits jardins de Paris, les endroits cachés. C'est les miens, mes secrets à moi. 
- J'adore écrire. J'écris aux gens, j'écris dans les carnets, j'écris sur les murs.
- Je passe ma vie dans les galeries, les musées. J'aime regarder les choses et m'instruire.


- J'aime beaucoup chanter. J'ai une petite voix fluette, je la laisse pas entendre souvent mais, de temps en temps, les gens aiment bien l'entendre.

- J'ai mes yeux bleus avec toutes leurs nuances qui sont uniques. (pensée à I Origins).


- Je fais des photos, partout, je capture les jolis moments, ma vision de voir le monde.

Crédits : Sally's photo (sallysphoto.tumblr.com)

- Je porte beaucoup de rouge et de bordeaux tout le temps, c'est ma couleur préférée. J'aimerais être cette couleur.


Voici quelques exemples de ce qui fait aujourd'hui de moi Clémence. De ce qui fait partie de mon âme. Je ne laisserais personne réduire mon identité à mes organes génitaux. 

Je sais que tout ce que je vivrais avec n'importe quelle personne sur cette Terre, ça sera toujours différent de tout ce qu'elle a pu vivre avec n'importe quelle autre. Ce n'est pas narcissique ce que je dis là, mais c'est la simple vérité. Ça ne sera pas nécessairement mieux ou moins bien, ce n'est simplement pas comparable. 

Si j'ai aimé celui que j'ai aimé, ce n'était pas parce qu'il était un homme cisgenre mais un être humain dont je suis tombée follement amoureuse. Je l'aimais pour la personne qu'il était dans toute son entièreté, avec tous les petits détails de son corps et de son âme. Et, j'ose espérer qu'il en était de même pour lui. 

Personne n'est "un autre" ou "une autre" car nous sommes simplement tous humains et tous avec différents traits, différentes aspirations. Une femme n'est pas interchangeable avec une autre parce qu'elle est une femme. Elle est plus qu'une simple femme. 

Merci de ne pas me considérer comme une personne avec une vulve et un vagin interchangeable mais comme un être humain, autrement dit, moi, Clémence. Merci de ne pas me donner d'injonction sur ce que je dois faire, ne pas faire avec telle personne car je suis la seule légitime à juger. Laissez moi vivre ma vie en tant que Clémence au lieu de me ramener à mon statut de femme stéréotype.

13/04/2017

Syndrome de l'imposteur : comment je me suis apprivoisée

J'avais commencé à écrire cet article il y a trois mois mais j'avais arrêté, puis je me suis dit que c'était dommage. Pour resituer un peu la situation, en janvier, je venais de passer mes partiels et d'avoir mes résultats. J'avais eu d'excellents résultats, j'en avais jamais eu d'aussi bons et le syndrome de l'imposteur, ce vieil ami a encore pointé son bout du nez. Je me suis donc sentie assez mal puis, j'avais arrêté d'écrire cet article car je me sentais illégitime à me plaindre. Mais, finalement, avec du recul, j'avais envie de revenir sur cet événement pour comprendre la situation et vous montrer comment j'apprends peu à peu à m'apprivoiser.


Si vous avez suivi mon dernier article (que je vous joint ici), vous savez que pendant mes vacances du mois de décembre, j'ai préféré aller voir une amie et profiter de mon copain plutôt que de rester enfermée chez moi. Je suis donc revenue chez moi une semaine avant mes partiels et n'ayant, pour être honnête, quasiment pas relu mon cours de tout le semestre. J'avais donc une semaine à tout casser pour sauver les meubles, le tout couvert d'une bonne grippe des familles. L'éclate, quoi.

Pour commencer ces révisions assez tardives, j'ai, pour la plupart des cours essayé de faire quelques fiches très générales, ce qui a permis de faire remonter des souvenirs et de les lier entre eux. Finalement, je me suis dit que c'est tout ce qu'on me demandait car la plupart des examens que j'ai passé étaient sous forme de dissertation.

Au final, je me suis rendue compte que cette technique avait marché puisque mes résultats étaient bons voire très bons dans certaines matières. Mais, je me sentais un peu bizarre parce pendant le mois de décembre, je voyais des personnes de ma classe impliquées beaucoup plus tôt que moi dans leurs révisions. Je me disais que, logiquement, elles auraient du avoir des meilleurs résultats que moi et que je ne les méritaient pas.

En discutant avec une amie qui elle aussi procrastine beaucoup, travaille au dernier moment et réussit, je me suis rendue compte que je n'étais pas la seule à fonctionner de cette manière-là. Je me suis alors demandée pourquoi je ne devais simplement pas accepter cette manière de travailler qui me correspond et qui finalement a toujours été la mienne depuis le début de ma scolarité.

Dans mon cas, on dit souvent que cette manière assez intuitive de fonctionner est due au fait qu'enfant j'ai été diagnostiquée comme précoce. Je me suis toujours sentie assez mal à l'aise avec cette appellation car les gens pensaient que "surdoué" était égal à "intelligent", sauf que c'est beaucoup plus complexe que cela. Etre précoce c'est avoir un cerveau qui fonctionne différemment, fonctionnement qui est dans la plupart des cas inadapté au système scolaire. Donc la théorie comme quoi les enfants précoces ont les meilleurs résultats est fausse.

Là où je veux en venir, c'est qu'avec cette étiquette de jeune fille précoce, j'ai toujours eu le sentiment que quoi que je fasse, j'aurais toujours des bons résultats que je ne mérite pas. Ce sentiment de ne pas les mériter vient du fait qu'en effet, je n'ai pas une manière dite classique de travailler. Souvent, ça me donne l'impression que je ne "travaille pas" car je ne travaille pas comme tout le monde. Sauf que, je me rends compte que ce n'est pas pour autant que je ne fais rien, la preuve, sinon je n'aurais pas ces résultats-là.

La première chose à laquelle je pense, c'est que malgré tout j'arrive à rester très attentive en cours, à prendre beaucoup de notes et je pense que c'est ce qui me fait le mieux intégrer toutes les informations. Et, mine de rien, rester concentrée c'est pas toujours une mince affaire (surtout avec tous les problèmes techniques de la fac, ahem).
En restant attentive, on peut dire aussi que j'arrive à établir des liens entre le cours précédent et le cours que je suis en train de suivre. J'arrive mieux à comprendre le plan du cours et les informations du cours ne se présentent pas comme un amas de choses qui n'ont pas de lien (ce qui rend l'apprentissage difficile).

Deuxièmement, ça m'arrive de parler d'artistes qu'on a vu pendant les cours à des gens parce qu'ils m'ont fait rire ou m'ont marqué et de restituer une partie du cours à l'oral ou à l'écrit. Du coup, de manière anodine, je suis en train de faire finalement ce qu'on me demande de faire dans des dissertations ou des analyses d’œuvres où je dois expliquer des choses comme si la personne qui me lit ne les connaissait pas.

Ensuite, je peux dire que j'arrive toujours à faire des liens entre ce que j'ai vu en cours et ce que je connais déjà ou ce que je découvre à travers des expositions. De manière inconsciente, je suis en train d'approfondir tout ce que j'ai pu voir en cours, ce qui me permet de mieux le retenir.

En ce qui concerne les projets que je dois réaliser en dehors des matières plus théoriques, souvent c'est pareil que pour les révisions, je m'y mets tard. Pour autant, c'est toujours quelque chose qui me trotte dans la tête un peu à n'importe quel moment de la journée et j'arrive à trouver des idées assez instinctivement et les noter. Je n'organise pas vraiment de sessions définies de travail, j'avance petit pas par petit pas. Pour autant, j'arrive toujours à rendre mon travail en temps et en heure et je suis toujours un minimum satisfaite de ce que j'arrive à rendre.

Ce que j'ai réussi à comprendre, c'est que ma manière de fonctionner est certes différente de ce qu'on nous apprend à faire mais n'est pas moins bonne puisque j'arrive à être satisfaite de mes résultats. Je me rends compte que ma manière de travailler est assez difficile à percevoir comme elle fonctionne beaucoup par l'écoute, l'association d'idée et l'intuition et finalement, pas nécessairement en transcrivant sur le papier. Je n'ai pas vraiment besoin de faire énormément de fiches (mais, j'en fais parfois car ça me donne la conscience plus tranquille).

Ce qu'il faut faire, ce n'est pas se conformer à une manière de travailler mais comprendre comment on fonctionne pour optimiser son temps et s'organiser en fonction. Par exemple, pour ma part, j'avais tendance avant à me garder des tas de journées libres pour me préparer psychologiquement à avoir du temps pour réviser. Sauf que, malgré moi, je ne m'y mettais jamais et attendais toujours les derniers jours. J'ai fini par regretter par la suite de n'avoir pas profité de ce temps pour faire d'autres choses et profiter plutôt que de rester dans une culpabilité de ne pas fonctionner comme tout le monde.

Là où certains de vos amis vont préférer quand ils ont une journée ou une après-midi de libre se mettre pendant une longue durée à la tâche, peut être que vous, vous aurez besoin de décomposer cette tâche avant de vous y mettre. Pour ma part, c'est ce que j'essaie de faire car cette idée de "Je dois faire ça, et ci, et ça" m'angoisse et me paralyse, ce qui me rend improductive. Faire de petit pas, ça peut être tout aussi satisfaisant et ce n'est pas moins bien, c'est juste votre rythme à vous.

Il faut penser également que votre santé mentale prime sur votre réussite scolaire et votre travail. N'hésitez pas à vous accorder des pauses si vous savez qu'à tel moment, vous avez besoin de répit ou que vous n'êtes pas attentifs. C'est tout à fait légitime, vous avez le droit. Ceux qui vous traitent de personne fainéantes et qui jugent votre manière de travailler, il faut juste les remettre à leur place ou bien simplement les ignorer. L'important c'est vous et votre bien être. Peut importe le résultat final, vous avez réussi car vous avez fait de votre mieux et c'est le plus important à retenir.

J'ajouterais aussi que l'individualisme n'est pas toujours forcément quelque chose qui convient à tout le monde, même si c'est souvent ce qu'on nous montre. Vous pouvez décider de travailler en groupe, de discuter entre vous, vous faire réviser des choses. Ça peut être beaucoup plus stimulant pour vous d'avoir l'impulsion des autres pour vous pousser à vous motiver, ça peut être aussi une solution.

Pour conclure, je dirais qu'il faut simplement accepter notre manière d'être, de ressentir et de fonctionner pour déterminer notre manière de travailler. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise méthode, il y a simplement la vôtre, qui n'est pas moins légitime qu'une autre.


N.B. : Mon article n'a pas pour but de promouvoir la réussite scolaire mais avant tout l'accomplissement personnel. J'espère que mon message est bien passé à travers ces lignes.


A bientôt pour de nouveaux articles,
(bien sûr, écrits au dernier moment, comme vous me connaissez)

Clémence.

26/02/2017

Respire

Ca fait un moment maintenant mais j'avais envie de vous parler de mon mois de décembre. J'en ai fait une petite vidéo que vous pouvez voir ici mais j'avais aussi envie d'écrire un peu sur ces images (vous pouvez aussi le mettre en fond musical pour l'article, c'est cool aussi).



Pour vous expliquer un peu le contexte, ma fac a décidé de décaler les partiels en janvier, du coup j'ai fini les cours début décembre avec trois semaines et demi de vacances en vue. Au début, j'avais pour projet de me stresser pendant toutes les vacances pour ces partiels. Puis, j'ai finalement décidé de profiter de ce temps libre pour voir des gens que j'aime que j'avais pas vu depuis longtemps. 

Du 10 au 14 décembre, j'ai décidé de rendre visite à mon amie Sally, à Dijon. Avec elle, je me sens vraiment bien. Elle me ressemble beaucoup, on pense pareil sur pas mal de choses à tel point que j'ai l'impression que c'est comme une soeur que je n'ai jamais eu. 

Comme moi, elle aime faire des photos spontanées. Elle trouve de la beauté chez les gens et elle aime photographier les petits détails. Elle ne prétend pas faire de l'art, elle fait juste ce qu'elle aime.


Sally elle adore les fleurs, sur ses photos, dans sa maison et sur ses vêtements. Quand je suis venue chez elle en août, on portait toutes les deux nos robes avec des fleurs parce qu'il faisait chaud et beau. Même quand on est allées se baigner, on était assorties avec nos maillots à pois. 



Elle aime beaucoup aussi le maquillage. J'adore quand elle me maquille, j'ai l'impression qu'elle fait de la magie sur mon visage. Maintenant moi aussi j'aime me maquiller, ça me permet de mettre de la couleur sur mon visage même quand il est terne et que j'en ai marre de le voir. C'est une sorte de réappropriation de moi-même.

Quand Sally me maquille ♥

Mais Sally, c'est aussi une superbe amie qui me soutient. Quand je recevais des commentaires grossophobes sous mes photos, elle m'a directement défendue. C'est quelque chose qui la touche beaucoup elle aussi et quand je suis avec elle, j'ai l'impression qu'on est plus fortes. 

Pendant ce séjour, j'étais bien. Comme on se ressemble beaucoup, jamais je me suis sentie jugée pour quoi que ce soit. Je pouvais lui parler de ce que je voulais et il y avait jamais de malaise.

Le premier jour, on est allé en bas de chez elle faire quelques photos. Il y avait du givre partout, ça paraissait complètement enneigé.




Quelques jours plus tard, j'ai rencontré son amie Axelle dont je suivais un peu les vidéos asmr sur Youtube (allez voir ses vidéos elle est trop douce) et que je voyais sur les photos de Sally. Elle était vraiment toute chou et drôle. Ca m'a fait vraiment plaisir de voir une personne aussi adorable avec moi alors qu'on se connaissait pas. 



Le soir juste avant, j'ai eu une espèce de lubie j'ai dit à Sally "Il faut que je fasse des photos avec des paillettes!". Du coup, quand on était en ville avec Axelle et Sally, j'ai trouvé des petites étoiles dorées. Le soir, en rentrant, j'ai décidé de prendre en photo les vergetures de Sally et d'y ajouter ces étoiles, comme je sais qu'elle a beaucoup de mal à les accepter.



Après ces quelques jours, je suis rentrée chez moi pour repartir quatre jours plus tard pour un séjour avec mon amoureux. C'était des grosses retrouvailles après trois mois l'un sans l'autre. Pendant neuf jours on s'est plongé dans notre bulle, comme on l'habitude de le faire et ça nous a fait du bien. On a passé quelques jours à Paris, puis, avant Noël, on est revenus pour faire notre Noël tranquille à deux chez lui dans le Sud.

Il a été vraiment adorable du début à la fin pendant ce séjour. On a fait pleins de trucs et on a pris du temps pour nous, enfin et ça nous a fait du bien. J'ai complètement oublié ces partiels quand j'étais avec lui.

Un des premiers soirs ensemble, il m'a dit "On va où tu veux" et on est allé dans mon restaurant thaï préféré. Depuis mon voyage en Thaïlande, je peux pas me passer de nourriture thaïlandaise donc ça m'a fait trop plaisir.

A Paris, on est allé à la patinoire du Grand Palais et c'était des supers souvenirs. Il y avait une ambiance de boite de nuit alors qu'on était sur la glace, c'était vraiment trop drôle. Il avait jamais patiné, du coup c'était l'occasion de m'improviser professeur de patin à glaces!
Puis, on s'est pas mal balladé dans Paris en regardant les décorations de Noël du BHV, des Galeries Lafayettes et du Printemps... J'aime bien cette ambiance dans Paris.



On a fait quelques visites aussi, au Louvre et aux Invalides. J'ai redécouvert le Louvre et découvert les Invalides. C'était assez intéressant et surtout, il y avait de très jolis endroits.








Puis, on est rentré dans le sud pour aller chez lui. Le lendemain, il est tombé malade puis moi aussi. Du coup, on a passé la fin du séjour à se moucher et à rester au chaud sous un plaid tranquillement mais c'était chouette d'être ensemble. On a essayé de cuisiner un peu pour Noël et j'adore cuisiner avec lui parce qu'il est aussi (voire plus) gourmand que moi. Notre coup de coeur c'était ce tiramisu/buche aux fruits rouges, c'était délicieux.


Le dernier jour, on a décidé de sortir. On est allé à Palavas les Flots pour une petite ballade à la mer. A ma surprise, lorsque nous sommes arrivés il y avait le coucher de soleil qui commençait. Il y avait quasiment personne, l'ambiance était vraiment magique. Le ciel était rose, puis devenait peut à peu bleuté, violet, rose, orange... C'était vraiment un souvenir inoubliable et sûrement le plus beau coucher de soleil que j'ai pu voir jusqu'à présent.




 




A l'occasion de cette ballade, j'ai pris aussi quelques photos de mon copain qui a bien voulu faire le modèle.



Enfin, le lendemain je suis rentrée à Paris. Certes, avec une bonne grippe mais avec des souvenirs plein la tête.

Finalement, j'ai eu une petite semaine pour travailler avant mes partiels et la grippe m'a pas aidé mais j'ai réussi mine de rien, j'ai fait de mon mieux. Et résultat, je ne sais pas par quelle magie mais mon semestre a été le plus réussi de tous depuis la L1. Peut-être que j'étais moins stressée? Je sais pas vraiment.

J'avais envie à la fois de vous partager tous ces beaux moments mais aussi de vous dire que vraiment, il faut arrêter de se foutre trop la pression dans votre activité, peut importe ce que vous faites. Accordez vous des pauses. Allez voir ceux que vous aimez. Plus tard, vous vous souviendrez de ces moments précieux et pas de votre moyenne.


16/10/2016

Le bodypositivism et moi

Il y a un mois j'ai été photographiée pour un projet dont je vous ai parlé dans un précédent article (cf. Femme). Je vous ai parlé de la photographe Jeanne Ménétrier et de son projet sur le genre humain auquel j'allais prochainement participer. Elle m'a posé deux questions à ce sujet auquel j'ai répondu avant que l'on se voie. Puis, lorsque l'on s'est vues, on a énormément discuté de ce que j'avais écrit, elle m'a demandé d'approfondir et c'était extrêmement intéressant. Honnêtement, je crois que je m'étais jamais sentie aussi bien en tant que modèle, tout simplement parce que je n'avais pas l'impression d'en être une mais juste d'être moi-même, voilà pourquoi je voulais vous parler aujourd'hui.


Dans ce texte, il y a un passage où j'ai écrit "Que l’on cesse d’utiliser nos corps comme des panneaux de revendication et qu’on commence à vivre dedans." et cela faisait sens pour moi quelques mois auparavant mais d'autant plus aujourd'hui compte tenu d'un événement. 

La veille de la séance avec Jeanne, je suis montée sur ma balance. Pour être honnête avec vous, je ne monte plus sur ma balance depuis un moment, je me porte mieux comme ça. J'essayais depuis deux ans de me regarder dans le miroir et d'accepter mon corps pour ce qu'il est et pas pour ce qu'il représente, à savoir, des chiffres. Ce soir-là, je me suis rendue compte que je pesais environ 15 kilos de plus que ce que je pensais et toute la soirée je me suis sentie mal dans ma peau, je me suis effondrée.
Quelques semaines auparavant, je me disais de temps en temps que peut-être je me sentirais mieux dans ma peau si je perdais du poids. Mais j'avais toujours quelque chose dans ma tête qui me disait que je ne devais pas mincir parce que c'était me trahir. 

Comme je vous en ai parlé dans de précédents articles, je disais m'être mise à me photographier nue tout d'abord pour aboutir à mon projet Floraison mais aussi pour me sentir mieux dans mon corps. Au final, j'ai le sentiment que ça a produit tout l'inverse. Suite à ces photos, j'ai reçu des commentaires comme quoi j'étais "courageuse", j'ai peut être crée un idéal dans les yeux de certains et finalement, peut être que si je n'étais pas ronde, mes photos n'auraient pas eu autant de succès. Finalement, ce qui apparaît aux yeux des gens c'est plus l'image que véhicule mon corps nu plutôt que le message artistique que j'ai voulu faire passer derrière dans cette série.
J'ai toujours été une fille complexée et depuis que je suis jeune, je me dis que j'aimerais trouver de nouveaux idéaux. Je me dis aussi que si j'avais vu une fille ronde que j'admire craquer et se mettre à mincir j'aurais eu envie de le faire aussi. Cependant, ce n'est absolument pas ce que je veux.


Je ne veux plus que mon corps véhicule un message. C'est ça que je voulais dire par "Que l’on cesse d’utiliser nos corps comme des panneaux de revendication et qu’on commence à vivre dedans." et c'est encore plus vrai pour moi aujourd'hui. 

Une amie qui lit mon blog m'a envoyé le lien vers une vidéo d'une américaine qui explique qu'en publiant des vidéos d'elle en train de montrer ses tenues, les gens dans les commentaires se focalisaient sur son corps et un peu comme moi lui disaient qu'elle était "courageuse" et la casaient dans la case "ronde" sans qu'elle n'aie rien demandé. J'aime particulièrement cette vidéo et surtout cette phrase (5:28). Cela retranscrit totalement la façon dont je me sens maintenant.


 "I feel like we need to stop saying "bobyconfident", like the word "body" like "body, body, body, body" as that is what is important. I feel like we just need to concentrate on being confident and happy within ourselves rather than really worrying about what we look like."

Pendant cette séance photo, Jeanne a voulu que je me comporte comme si j'étais seule chez moi, en me demandant par exemple de m'allonger sur mon lit de la manière dont j'ai l'habitude de le faire. Parfois, c'était difficile d'oublier la caméra parce qu'à force de poser on peut essayer de changer l'image de nous-même, changer d'expression. Mais finalement, après tout ce travail à la fois sur moi-même et sur le projet de Jeanne, le résultat m'a assez bluffée. Certes, c'est différent de tous les photographes qui ont pu me photographier et je ne suis pas sublimée, magnifiée mais c'est juste moi et me sentir moi, c'est finalement tout ce dont j'ai besoin aujourd'hui.

 Toutes ces photographies ont été réalisées en argentique avec une double exposition, aucune retouche.

Vous pouvez retrouver l'intégralité de son projet ici.






13/07/2016

L'angoisse de la solitude

J'ai toujours eu du mal à jeter les choses, à marquer un point final. Vous aussi peut-être avez déjà ressenti ce sentiment, en rangeant votre bureau après de longues années de négligemment, d'être incapable de trier vos vieilles affaires. C'est une sorte de satisfaction de savoir qu'on est entouré de choses, même si elles ne nous font plus vibrer comme avant.

Dès fois, je ressens un peu la même chose vis-à-vis des gens. J'ai souvent tendance à laisser traîner les relations. Je pense aux souvenirs ensemble, à tout ce que j'ai pu confier et je ne me demande même plus si la relation produit du bon ou du mauvais.

En vérité, j'ai peu de relations proches avec les gens. J'ai souvent changé d'endroit, d'établissement scolaire et j'ai pas eu le temps de construire des relations de longue dates. Quand on est jeune, j'ai l'impression qu'on est censé avoir plus de contacts, de connaissances que d'amis, qu'on doit avoir une sorte de cercle autour de nous. Pour ma part, j'ai du mal à avoir des relations légères, je m'attache vite et fort aux gens. C'est d'ailleurs pour cela que pour quelqu'un de mon âge, je "sors peu". Je ne vois pas souvent du monde, mais quand je suis entourée c'est fort, c'est intime. Ces personnes, rares et précieuses pour moi, je les retrouve comme des cadeaux. J'ai l'impression que par mon hyper disponibilité, je me dois de les honorer et de faire tout pour que nos moments ensembles soient les meilleurs, qui à enfouir mes tracas et oublier leurs défauts. J'ai peur de les perdre, peur d'être seule alors je ne dis pas ce qui fâche, ou bien, pire, je ne m'en rends pas compte tellement je suis euphorique. 

Il y a trois mois, j'ai coupé les ponts avec quelqu'un et c'est rare que je le fasse. C'était quelqu'un dont j'avais été assez proche. Il y a avait eu une ambiguïté entre nous qui a cessé mais nous avions continué à échanger, se donner nos nouvelles, nous confier. Je l'ai revu en début d'année et il savait que j'étais toujours seule, que sortant peu j'avais peu de chance d'avoir rencontré quelqu'un entre temps. De ce fait, il s'est permis de me dire qu'il avait envie de coucher avec moi, que j'étais "vulnérable comme les autres", comme si j'étais un jouet resté à sa disposition depuis plus d'un an. Il m'a dit qu'il m'avait manipulée il y a plusieurs années, qu'il s'en voulait, tout en continuant à le faire par le biais de ses excuses. Et ça, je l'ai compris en parlant à quelqu'un de l'extérieur qui m'a dit que c'était affreux de me dire des choses pareilles. Et là, j'ai compris que je ne pouvais pas arranger le problème, que je devais mettre un point final et radical. Je rêvais de le faire depuis longtemps mais je n'osais pas parce c'était le premier garçon qui faisait mine de s'intéresser à moi et j'avais l'impression que ça n'arriverait plus jamais. Je me mentais à moi-même et mentait aux autres en leur disant que quelqu'un s'intéressait à moi, que j'allais bien.

Ce que je tire de cette histoire, c'est que je ne veux plus me mentir à moi-même et mentir aux autres. Je veux dire les choses aux gens, être vraie avec eux. J'ai compris que les relations ça s'entretenait, qu'il fallait parler avant que les mauvaises herbes nous dévastent et nous encerclent. Et aussi que les relations étaient plus fortes, plus riches quand on se dit les choses, quand on sort nos tripes.
Mais aussi qu'il valait parfois mieux que je cultive mon jardin moi-même plutôt que de laisser quelqu'un en faire un terrain vague. Ce que j'ai compris aussi, c'est que ça "craint" pas d'être seule, mais que c'est une force. J'ai le sentiment que plus chez les filles que chez les garçons, c'est devenu une sorte de convention sociale d'être accompagnée pour tout et n'importe quoi. Mais je sais que la seule personne qui peut me donner confiance en moi, de la force c'est moi et toute l'attention extérieure ne m'en donne que l'illusion.

Il y a une autre expérience il y a peu qui m'a marquée. J'ai été invitée à la remise de prix d'un concours photo auquel j'avais participé. C'était une sorte de soirée dans un bar/club à Paris où il y allait avoir tout un tas de gens que je ne connaissais pas et la première pensée que j'ai eu c'était "il faut que j'y aille avec quelqu'un". J'ai alors proposé à quelques amies qui m'ont défilé, puis j'ai posé un statut sur mon mur sans aucune réponse. J'hésitais à ne pas y aller mais au dernier moment, je me suis habillée, maquillée je suis sortie, j'avais une date avec moi-même. Au début de la soirée, je suis restée un peu seule, je trépignais en attendant les résultats puis, je suis restée et je suis allée parler timidement à deux filles qui étaient là. On a parlé pendant peut-être vingt minutes de photographie, d'argentique, de ce qu'elles aimaient puis elles ont rejoint leurs collègues et je suis rentrée chez moi.

Photo prise à cette soirée
C'est bête mais j'étais tellement contente d'être sortie seule et d'avoir réussi à parler à des inconnus pendant plus de dix minutes sans me sentir illégitime de le faire. J'avais comme une énergie positive qui se propageait dans tout mon corps et qui me disait "You go, girl". Et là, j'ai compris que j'étais capable, que j'avais pas de honte à être seule à cette soirée et que ça ne faisait pas de moi quelqu'un d'associable.

Alors, s'il te plait, toi qui me lis et qui te sens peut-être seul(e), comprends que tu vaux autant que toute autre personne sur Terre et que ton nombre d'amis n'estime pas ta richesse intérieure. Qu'il vaut mieux être seul que d'entretenir des relations toxiques. Qu'il faut célébrer qui tu es

13/06/2016

Femme

Aujourd'hui j'avais envie de vous partager un texte que j'ai écrit il y a deux mois pour Jeanne Ménétrier, jeune photographe qui s'est lancée dans un projet sur les genres humains. Pour ce projet, elle établit un travail personnel avec chaque modèle en lui posant deux questions et oriente son travail selon les réponses de chacun : Qu'est-ce que la féminité/masculinité pour toi? Comment vis-tu le fait d'être femme/homme aujourd'hui? Je vous invite à aller jeter un oeil à son projet ici

Voici ce que j'ai écrit. 

"Qu'est-ce que la féminité? Comment vis-tu le fait d'être une femme aujourd'hui?"

Etant jeune j’ai eu le sentiment qu’on me répétait beaucoup « être femme c’est être… » ou « être femme c’est faire… ». En tant que jeune fille en quête d’identité, je suis passée dans une phase où j’essayais de répondre à ces schémas pré mâchés que j’acceptais, sans me demander pourquoi ils s’imposaient à moi. J’en ai beaucoup souffert parce que je me rendais compte petit à petit que je n’y correspondais pas. J’ai alors vu d’autres tendances un peu en réponses à ces clichés qui s’énonçaient comme « être femme c’est ne pas être… c’est être… ». Au début, je me disais que c’était une belle initiative, qu’il fallait répondre, se battre contre ces premiers clichés très présents dans les médias comme quoi la femme serait distinguée, axée sur son apparence. Je pensais qu’effectivement si les femmes se comportaient de cette manière c’était à cause de ces idéaux qu’on nous imposait.


Cependant, en grandissant je me suis rendue compte que des femmes souffraient également de ces sortes de nouvelles normes en réponses aux premières. Je me suis rendue compte que certaines femmes prenaient réellement du plaisir à prendre soin d’elles, à entretenir leur corps et j’ai compris à quel point elles aussi, elles subissaient des discriminations. Les idéaux tentent de nous dissocier, de nous séparer mais ce qui fait notre unité est que nous souffrons toutes à cause d’eux. Alors j’ai commencé à me demander si la solution ça ne serait pas simplement de trouver la féminité dans chaque femme plutôt que dans des minorités correspondant à des critères.


J’aimerais dire que la féminité c’est être libre, fraîche, intemporelle. J’aimerais qu’on cesse de définir la féminité à notre place et qu’on nous laisse la développer comme on l’entend. J’aimerais dire qu’être femme ce n’est pas être soit Marylin Monroe soit Kate Moss mais les deux à la fois. Que l’on cesse d’utiliser nos corps comme des panneaux de revendication et qu’on commence à vivre dedans.
(conf. un précédent article)




En ce qui me concerne, aujourd’hui je suis femme dans mon corps et j’aime cela mais je ne pense pas pour autant que cela détermine ma manière d’être. Le premier exemple qui me vient en tête est mon apparence, ma manière de m’habiller ; on me dit souvent que je suis assez féminine parce que je porte souvent des robes mais j’ai le sentiment d’en porter simplement parce que j’aime ça plus que parce que c’est féminin. Je fais un peu ce qui me plait, je pioche dans tous les dressings, que cela soit celui de mon petit frère, de ma grand-mère ou de ma mère. Je me rends compte chaque jour qu’il y a des choses, des actions que je considère comme unisexes qui sont masculines pour certains, ne le sont pas pour d’autres…




Je pense que finalement c’est le regard des autres qui nous forge nos concepts de féminité ou de masculinité et qui fait douter de ce que l’on est. Aujourd’hui je suis femme, je suis heureuse d’être une femme mais j’aimerais que mes goûts, mes choix, mes opinions, mes rêves soient entendus comme provenant d’un être humain à part entière et non pas simplement comme provenant d’une femme parmi tant d’autres. J’aimerais que l’on me détermine par mon expérience de vie plus que par mon sexe d'origine.

18/03/2016

Quand la culture ça fait du bien

Pour être tout à fait honnête, j'ai longtemps été quelqu'un d'assez fermé pendant un certain nombre d'années. Quand j'étais dans mes années collèges, j'allais à mon cours de dessin le mercredi après midi et je dessinais en me basant uniquement sur mon imagination. J'étais enfermée dans cette bulle. La photographie m'a aidé à m'ouvrir, à rencontrer des gens, avoir un contact simple avec eux et m'a, je pense, aidé à percer cette bulle. 

Aujourd'hui, cette hibernation culturelle m'a posé parfois quelques problèmes (si on peut appeler cela des problèmes). Je ne connais pas les films cultes, les séries télé pour adolescents et c'est souvent difficile pour moi d'en placer une dans une conversation. Alors, j'ai pu penser que j'avais pris trop de "retard", que "ça n'était pas possible" et je ne savais pas par quoi commencer. 

Pendant longtemps j'ai eu un rapport conflictuel avec les objets culturels parce que je ressentais une sorte de pression de la part de mon entourage et je me rendais compte que je faisais les choses plus pour eux que pour moi. Je me souviens même une fois avoir menti à un garçon dont j'étais amoureuse en lui disant que j'avais lu un livre et passé des heures à fouiller des passages du livre pour avoir une discussion décente avec lui. 

J'ai longtemps été fâchée avec la lecture, sauf à une période où je me suis mise à avoir une frénésie pour Amélie Nothomb vers 14, 15 ans et j'ai du lire une dizaine de livres d'elle avec une facilité hallucinante. Concernant le cinéma, j'ai été pendant une très longue période regarder des comédies françaises infâmes pour accompagner mon frère et ma mère et je crois que cela m'avait plus dégoûté qu'autre chose. Cependant, j'ai rencontré quelques personnes qui m'ont donné envie de me remettre à voir des films. Je me suis mise à faire beaucoup d'expositions aussi avec mon père, je me suis habituée à sortir au minimum une fois par mois pour me cultiver simplement par envie. 

Aujourd'hui, j'ai décidé de partager avec vous quelques petites découvertes cinématographiques pour commencer. Je ferais ensuite peut-être quelques articles sur la musique, sur la photographie, éventuellement la lecture si cela vous intéresse.

J'ai découvert le film Boyhood pendant la première semaine de janvier quand j'étais encore en vacances. Nous voulions le regarder avec des amis mais n'ayant pas réussi à le voir et la bande annonce m'ayant fait assez envie, j'avais envie d'en savoir plus.
Ce qui m'a donné envie de voir ce film, c'est l'originalité de la manière dont il a été crée. Le film a mis 12 ans à être réalisé. Tous les ans, le réalisateur a repris les mêmes acteurs. Nous les voyons ainsi grandir les acteurs dans 'Boyhood', qui, comme son nom l'indique parle de l'évolution d'un garçon de son enfance à la fin de son adolescence.


La première pensée que j'ai eu à propos de ce film est "Est-ce réellement un film?" parce que je n'avais pas le sentiment d'en regarder un. Le film est construit comme une sorte de télé-réalité. Nous avons le sentiment de voir des fragments de vie des personnages presque bruts. Dans la plupart des films que l'on regarde aujourd'hui, il y a comme un fil conducteur, on va d'avantage mettre en avant certain détails plutôt que d'autres pour nous faire comprendre le sens. Or, dans ce film on a l'impression que tout paraît assez linéaire aux premiers abords. On se demande sans cesse "Où est-ce que ça va nous mener?" et finalement, nous sommes perpétuellement face à une suite de petites scènes sans de dénouement clairement énoncé que nous interprétons un peu comme nous le souhaitons selon nos ressentis et notre vécu. Ce film fait réfléchir car on voit que certaines petites scènes qui peuvent paraître anodines par rapport à d'autres plus frappantes nous marquent. Dans ce film, le spectateur peut ressentir les choses avec le degré de sensibilité qu'il souhaite, il ne lui est pas imposé. Dans ce film, la violence montre la violence, la tendresse montre la tendresse et il n'y a rien qui paraît surjoué, porteur de jugement. On peut se faire son histoire.

" - I wish I could use the bumpers...
- You don't want the bumpers, life doesn't give you bumpers."

Je pense ainsi pouvoir dire que j'ai aimé ce film même si c'était une expérience assez spéciale. L'histoire en elle-même est assez ordinaire : l'évolution d'une famille divorcée puis recomposée avec deux enfants, une fille et un garçon. Ce que j'ai aimé, c'était la manière dont j'ai pu m'identifier dans certaines scènes. Les échanges paraissent naturels et ce côté naturel est d'autant plus accentué par le choix de conserver les mêmes acteurs. En fait je ne sais pas si j'ai apprécié le film en lui-même ou simplement ce qu'il m'a amené à penser. Regarder pendant presque 3 heures un film qui nous emmène un peu dans tous les sens est assez difficile. Mais, je sens que justement, comme je l'évoquais plus haut, il laisse la liberté de choisir les scènes qu'on veut suivre, ce n'est pas grave de ne pas tout retenir. Ce film est un petit ovni qui vaut la peine d'être rencontré.

En parlant d'ovni, j'ai également vu Solange et les Vivants d'Ina Mihalache. En plus de s'être adonnée à la vidéo et à l'écriture, elle réalise son premier long métrage. Il est sorti en salle mercredi dernier et j'ai eu la chance de le voir mardi soir en présence d'Ina. Premièrement, je tiens à dire qu'avant de voir ce film j'adorais déjà son personnage et le contenu qu'elle publie sur sa chaîne. Sa "présence" à travers ses vidéos m'a parfois aidé dans la vie. Forcément, je pense que cela a eu un impact sur mon avis. Si vous aimez sa chaîne, vous aimerez le film je pense.


Je suis allée voir ce film avec ma mère qui ne connaissait pas du tout le personnage d'Internet et qui l'a donc découvert à travers le film (qui a donc un avis plus objectif que le mien je pense). Je pensais sincèrement que le film allait l'insupporter à cause par exemple de la diction d'Ina qui fait que soit on accroche, soit pas du tout. Finalement, ma mère a trouvé le film "pas mal" et "intéressant". J'ai beaucoup aimé le fait que ma mère soit présente parce que le personnage de Solange traite de la solitude, de la volonté d'avoir le contrôle de son temps et de son espace et je me reconnais beaucoup là-dedans. Ce sont des raisons pour lesquelles j'ai toujours été assez indépendante même dans ma manière de me comporter chez moi avec elle et j'aimerais avoir mon espace.

Je pense que cette transposition du personnage de Solange te parle au cinéma nous met dans d'autres conditions que devant notre écran d'ordinateur sur Youtube. Sur Internet on cherche du consommable. On va souvent sur Youtube parce qu'on s'ennuie plutôt que pour réellement se dire "tiens je vais découvrir quelque chose" même si cela en découle. Ainsi, dès qu'on trouve quelque chose qui traîne un peu on va quitter la page et tout sera terminé.
Quand on s'est déplacé au cinéma, qu'on a payé, on fait rarement ça à moins que la chose nous insupporte énormément. Honnêtement, je pense que si j'avais montré les vidéos à ma mère avant qu'elle la voie, elle n'aurait pas voulu, elle m'aurait dit "Oh arrête ça".

" La vie peut être absolument épanouissante dans la solitude tant que le corps ne manifeste aucune résistance. "

Ce que j'ai beaucoup aimé dans ce film, c'est qu'on s'identifie beaucoup à Solange, on ressent ce qu'elle ressent dans le film et on n'établit pas cette distance comme sur Internet en pensant "Oh elle est bizarre cette fille". J'aurais beaucoup aimé comme ma mère découvrir le film avant de la découvrir elle d'ailleurs, je pense que je l'aurais appréciée encore plus.
Pour parler un peu de la construction du film en lui-même, elle est assez originale. Le film est organisé en chapitres comme dans un livre avec des intertitres avec toujours la présence d'un petit objet qui représente un personnage. Les objets sont quelque chose d'extrêmement important tout au long du film et je vous invite, si vous le voyez, à y faire bien attention.
J'ai aimé ce film parce qu'il est vraiment très léger. Souvent, j'ai peur quand je vais au cinéma de devoir me prendre la tête, de devoir retenir les choses et là, on a pas besoin. Après, peut être que justement ce côté pas très narratif à certains moments peut déranger certains qui s'attendent à voir un film comme un autre. Moi je m'attendais juste à voir Solange alors ça ne m'a pas choquée et j'ai même été agréablement surprise. Le seul petit bémol que je lui reprocherais est qu'il est un peu court (1h07) et j'aurais peut être aimé si je ne connaissais pas le personnage plus d'introspection. Mais, quand j'y pense, c'est fou toutes les choses qu'elle nous raconte en si peu de temps.

L'autre originalité de ce film est qu'il n'y a quasiment que des plans fixes. Ce que j'ai adoré, c'était dans certaines scènes où on ne voyait pas où les personnages allaient clairement, comme pour réserver une sorte d'intimité aux personnages et ainsi ajouter un côté mystérieux, des non-dits. Je n'ai rien à dire sur la photographie qui est tout simplement superbe. La musique, n'en parlons pas. Je trouve que rien que le thème de Solange la représente merveilleusement bien. Puis, je dois avouer que je la trouve magnifique dans ce film mais ça bien évidemment c'est très subjectif. Je ne pense pas que cela soit pas volontaire de sa part mais je l'ai un peu perçue comme "la fille qui n'a pas voulue paraître jolie mais qui me fait l'honneur de l'être sur grand écran".

Que vous connaissiez Solange ou ne la connaissez pas, je vous invite à aller le voir. Je pourrais insister en ajoutant qu'elle a eu énormément de mal à le diffuser mais rien que le contenu du film se suffit à lui-même pour vous apporter un bol d'air frais bien précieux dans votre semaine.

Si vous ne connaissez pas Solange te parle sur Youtube, voici quelques vidéos que je vous conseille de regarder.





Enfin, je ne pouvais pas vous parler de films sans vous parler du film qui a été un plaisir pour mes yeux et pour mon coeur, Mustang. Je l'ai regardé début janvier, toute seule devant ma télé à 1h du matin avec mon petit chien qui le regardait avec moi, il aime bien dès fois. Mustang est un film franco-turc sorti en 2015 qui a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes et qui a reçu l'oscar du meilleur film étranger. Ce film a été réalisé par une femme d'origine turque qui habite maintenant en France et est son premier long métrage.
Pour être tout à fait honnête, la raison qui m'a poussé à le voir, c'était toutes ces personnes qui le décrivaient comme un "Virgin Suicides à la turque". Il faut savoir que Virgin Suicides de Coppola, film que j'ai vu il y a 3 ans m'a énormément marquée tant par son esthétisme que par son mystère. J'ai d'ailleurs commencé à lire le roman original de Jeffrey Eugenides dont j'ai eu la chance d'étudier des extraits sublimes en classe de littérature.

Dans ce film, on retrouve en effet un esthétisme proche, des thèmes communs comme la liberté, la féminité ou l'oppression sociale. Cependant, dans ce film vous ne retrouverez pas cette dimension gothique et mystérieuse de Virgin Suicides mais tout autre chose. Ce film traite un réel problème de fond qui est clairement évoqué ne serait-ce que dès la première scène du film.
Le film traite de l'histoire de quatre soeurs qui auraient entre 11 et 17 ans je dirais. Le point de départ du film est la première scène (elle est présente dans le générique, je ne vous spoile rien) où on voit les filles rentrer de l'école et jouer avec les garçons sur la plage. Elles vont dans l'eau avec eux, mouillent leurs vêtements et montent sur leurs épaules. En rentrant de l'école, leur grand mère a honte de leur comportement qualifié comme obscène selon elle et le restant du village. Elles se voient ainsi être quasiment enfermées chez elle, forcées de porter certains vêtements. On comprend dans le film que la grand mère essaie comme de préserver ses filles "souillées" pour qu'elles puissent se marier dès l'âge adulte.


Dans le film, il y a un seul narrateur, la plus jeune de la fratrie, Lale. J'ai vraiment adoré ce personnage. On peut penser que comme elle est la plus jeune, elle peut-être présentée de manière assez fébrile mais bien au contraire. Elle est celle qui entraîne ses soeurs tout au long de l'histoire. Elle se montre forte, courageuse et c'est assez rare de voir un rôle féminin aussi important. J'ai adoré ce contraste entre cette voix à la fois brave et innocente et la dureté des faits racontés. Cela apporte beaucoup d'émotion à ce film.

Le film est rythmé par le mariage des jeunes filles. Tout au long du film, on entend Lale qui nous raconte le mariage de ses soeurs les unes après les autres et qui sent son tour s'approcher. On les voit courir, tenter de se libérer comme des animaux sauvages qui ne veulent pas se laisser apprivoiser et cela nous fait sourire et pleurer en même temps.
Concernant l'esthétisme du film, j'ai été extrêmement touchée. Il y a beaucoup de douceur dans les images, dans la lumière. J'ai quelques personnes qui m'ont dit que les images leur avait fait beaucoup penser à David Hamilton qui a réalisé beaucoup de portraits féminins très doux. En cela, on peut rapprocher en effet le film à Virgin Suicides. Il y a une sensualité sublime dans ce film et une tendresse manifeste entre les soeurs.

"Si tu comptes me marier avec qui que ce soit d'autre, je hurle."

Cependant, je pense qu'avec le recul je préfère Mustang parce que je trouve qu'il est plus poussé, émouvant et abouti. Le message féministe derrière ce film m'a beaucoup plu. C'est un film réalisé par une femme, raconté par une fille, qui met en avant des filles fortes qui ne sont pas là simplement pour être jolies mais qui essaient d'agir. Dans Virgin Suicides, le point de vue des garçons voisins est intéressant mais présente peut-être plus les filles comme des objets d'admiration par leur beauté et leur apporte un côté chétif, une psychologie peu poussée.

Mustang est un chef d'oeuvre sur tous les points selon moi que je conseille réellement à toutes et à tous de voir. C'est loin d'être un film  niais avec de jolies filles, il est bien plus que cela. Il nous fait passer par beaucoup d'émotions et ne nous laisse pas indifférent. Personnellement, il m'inspire beaucoup.

Je me rends compte qu'avec trois petits films j'ai réussi à parler énormément et c'est ainsi que s'achève cette parenthèse culturelle. Ca m'a fait du bien. J'ai tendance à construire mon avis sur mon ressenti et mon vécu donc je ne pense pas que j'aurais été capable de donner mon avis sur Allociné ou Sens critique parce qu'il n'est sûrement pas très objectif. Enfin, vous me direz, aucun avis ne l'est. J'espère que cela vous aura donné envie de voir ces films, donnez moi vous aussi vos avis si vous les avez vu, cela m'intéresse. A très vite!