31/07/2017

Sérotonine

J'adresse cette article à tous mes proches, mais aussi à tous•tes celleux qui suivent mon quotidien sur Internet, de près ou de loin.


J'avais envie de vous parler de quelque chose d'important pour moi, dont je parle encore trop peu. J'ai été diagnostiquée dépressive il y a exactement quatre mois maintenant.

J'ai commencé à aller mal vers le mois de novembre. Je me suis isolée chez moi tout le mois durant et pour la première fois j'ai commencé à avoir des idées noires. Au début j'osais pas en parler à mes proches, parce que je voulais les épargner et puis j'ai fini par leur dire. Puis, les mois qui ont suivi, je suis beaucoup sortie, j'ai eu beaucoup de travail donc c'est un peu parti, j'avais sûrement la tête ailleurs.
Et puis février, tout a refait surface.

Il y a comme des vagues, dès fois ça va mieux, dès fois je replonge et j'oublie mes avancées. Puis, ce qui se passe aussi, c'est que parfois le moral suit, parfois la santé physique pas vraiment... J'ai eu un premier traitement qui me faisait vomir, le second qui me donne des maux de tête et avec lequel je suis plus fatiguée.

Alors, depuis quelques mois j'essaie de me traiter comme si j'étais malade physiquement. Je suis un peu moins exigeante avec moi-même, je me fais des petits cadeaux à moi-même, je fais des choses qui me font plaisir. Ce qui fait que parfois, je suis pas forcément très présente pour mes ami•es, même si j'essaie de faire de mon mieux. Et puis, par ailleurs je me coupe un peu des gens, j'ose pas vraiment aller vers elleux car je sais que c'est un peu compliqué d'être face à une personne dépressive, de se sentir impuissant•e mais de devoir toujours essayer de faire des efforts quand même. C'est pour ça que je me sens bien avec les réseaux sociaux, je peux partager des choses en public, tendre des petites perches et les gens peuvent les saisir sans se sentir obligé de le faire.
Heureusement, j'ai quelques personnes autour de moi qui me demandent assez régulièrement de mes nouvelles, mais j'ai toute une partie de mon cercle pour qui c'était trop difficile à gérer donc je perds petit à petit des gens autour de moi.

Outre ma dépression, il y a aussi le fait que j'ai du gérer deux ruptures en quatre mois, toutes deux très différentes mais très douloureuses à leur manière. On ne peut pas vraiment dire que c'est ce qui explique la totalité de mon mal être mais ma confiance en moi a pris un sacré coup.

Maintenant j'essaie de réapprendre petit à petit ce que c'est d'être face à soi-même, ses doutes, ses faiblesses et à ne plus compter sur les gens autour de moi. Le point positif si on peut en noter un dans l'histoire, c'est que j'ai tellement eu le sentiment de toucher le fond du gouffre que j'apprends sur le tas à me faire du bien, ne serait-ce que par mécanisme de survie. Les matins où je ne veux pas quitter le lit car je ne vois pas de lendemain, c'est une victoire de mettre un pied dehors.

Ca va aller, ça va prendre du temps. Pour être honnête ça va déjà un peu mieux. Je suis suivie par une psychiatre, j'ai un traitement mais à faible dose, ce qui fait que je ne m'en sens pas trop dépendante.

Et puis, il y a pleins de petits plaisir qui me font sourire chaque jour, que je cultive pour oublier tout ce qui est derrière moi. Je vais t'en énumérer quelques uns :

 recevoir du courrier  câliner mon chien tester une nouvelle recette de cuisine allumer mon enceinte et mettre mes chansons préférées   lire un livre dans le métro   boire une bonne bière en terrasse   regarder des vidéos d'Alma Maria   faire des karaokés toute seule   me maquiller de toutes les couleurs   porter ma robe à carreaux vichy   regarder les couchers de soleil   manger des pêches   aller au cinéma avec des amis   faire des jolis nudes    faire du point de croix

(et puis, j'ai coupé mes cheveux alors que je voulais le faire depuis dès mois, je suis tellement contente d'avoir franchi le cap, ça marque un nouveau départ pour moi)

Sinon, j'ai fini de lire un livre de développement personnel qui s'appelle Les dieux voyagent toujours incognito de Laurent Gounelle qu'un ami m'a recommandé. Je l'ai dévoré en dix jours, c'était assez chouette et c'était mon premier gros livre (500 pages environ). Ça m'a aidé un peu à prendre du recul par rapport à mon comportement et certains réflexes que j'ai plus ou moins consciemment au quotidien. J'aime bien lire, ça m'apaise et je pense que lire des livres de développement personnel ça va pas forcément guérir ma dépression en un claquement de doigt mais ça peut m'aider à reprendre confiance, je pense. Si tu as des livres à me recommander, de développement personnel ou non écris les moi dans les commentaires j'y jetterais un œil.

Du coup voilà, en ce moment c'est un peu le flou, la phase de transition où je me sens un peu en train de flotter. Mais à la rentrée, normalement ça va aller un peu mieux, je vais faire une L3 de photographie dans une fac qui apparemment est très cool et militante donc j'attends de voir ça. Je cherche aussi un appartement à côté pour me rapprocher de ma fac pour fin septembre, donc prendre mon indépendance ça me fera sûrement du bien aussi. 

Enfin voilà, je voulais écrire ce petit article, à la fois pour parler de la dépression parce que je trouve que c'est un sujet important à aborder et puis, parce que j'avais envie aussi d'expliquer un peu comment je me sens et de faire un petit bilan de ce qui se passe dans ma vie. Ça explique aussi un peu pourquoi je fais peu de photos ces derniers temps, j'avais pas trop la tête à ça. J'essaie de reprendre petit à petit, j'espère revenir bientôt avec de nouvelles choses.

Prenez soin de vous,

Clémence.

26/04/2017

Interchangeable

Après ma rupture, une personne m'a dit "Puis tu sais, peut être qu'il en a retrouvé une autre". Et, ça m'a beaucoup blessée. C'est pas tant le fait d'imaginer mon ancien amoureux avec une autre personne qui m'a gênée, mais le fait d'être moi aussi, dans cette expression "une autre". Puis, même dans ce verbe, "retrouvé", c'est comme dire qu'on pouvait trouver à nouveau la même chose que chez moi et même pas chez "une personne" mais chez "une autre". Voilà, dans cette expression, les deux choses qui me dérangent, à la fois l'idée qu'on peut retrouver un même sentiment, quelque chose d'exactement pareil qu'avec moi chez quelqu'un d'autre et à la fois l'idée d'être "une autre", c'est-à-dire, une autre femme. A chaque fois que j'entends cette expression, qui est très populaire, j'ai l'impression que toutes les autres femmes et moi y compris, on est interchangeables. 

Dans un premier temps, je pense qu'il est bon de souligner que chaque histoire est différente. Je pense pas, avec le recul, qu'il y ait une question de moins bien ou mieux dans les différentes histoires qu'on vit dans la vie. Oui, certaines peuvent avoir des répercutions mauvaises et d'autres des positives. Mais, parmi celles qui ont eu du positif et du négatif, nous sommes bien d'accord pour dire que chacune d'entre elle a été différente. 

Pourtant, on nous apprend à penser que tout est similaire, que tout est codifié. J'ai l'impression que dans la notion de couple hétérosexuel, il y a tellement de règles, tellement de codes qui sont écrits dans nos crânes. Il faut voir, dès qu'on a un problème de couple, chacune de nos copines qui est aussi attirée par les hommes peut se permettre de nous faire la leçon, de nous reprendre sur notre manière de réagir "face à un mec". On nous apprend à répéter les mêmes schémas. Pour un premier rendez-vous il faut réagir comme si, il faut s'habiller comme ça, il faut ne pas coucher. Pour une rupture, il y a d'abord cette phase, puis celle-ci, puis celle-là. Tout est codifié. Vous trouvez pas qu'on se fait un peu chier dans tout ça? Moi je trouve que si. 

J'en ai marre, en tant que femme, qu'on nous conditionne à être dans un esprit de compétition où il faut être la meilleure possible pour séduire un mâle et avoir une bonne relation de couple. Surtout que, dans cette compétition il n'y a au final que du superficiel, des codes de séduction par le physique et le langage. 

Vous savez quoi? Moi je suis une femme ouais. Mais je suis avant tout Clémence. J'aime les fleurs, j'aime les robes, j'aime le maquillage, comme pas mal de femmes sûrement, d'accord. Et est-ce que c'est seulement ça qui fait mon identité? Sûrement pas.

- J'aime aussi rire, rire très fort, glousser, hurler de rire. J'aime rire jusqu'aux étoiles. Mon rire est une symphonie. Ma symphonie à moi.

Crédits : Jeanne Ménétrier (www.jeannemenetrier.com)
- J'ai pleins de grains de beauté sur tout le corps et du duvet. Avec mes grains de beauté, on pourrait tracer des tas de constellations. Des constellations qui n'existent dans aucun autre univers que dans le mien. 
- Je connais tous les jolis petits jardins de Paris, les endroits cachés. C'est les miens, mes secrets à moi. 
- J'adore écrire. J'écris aux gens, j'écris dans les carnets, j'écris sur les murs.
- Je passe ma vie dans les galeries, les musées. J'aime regarder les choses et m'instruire.


- J'aime beaucoup chanter. J'ai une petite voix fluette, je la laisse pas entendre souvent mais, de temps en temps, les gens aiment bien l'entendre.

- J'ai mes yeux bleus avec toutes leurs nuances qui sont uniques. (pensée à I Origins).


- Je fais des photos, partout, je capture les jolis moments, ma vision de voir le monde.

Crédits : Sally's photo (sallysphoto.tumblr.com)

- Je porte beaucoup de rouge et de bordeaux tout le temps, c'est ma couleur préférée. J'aimerais être cette couleur.


Voici quelques exemples de ce qui fait aujourd'hui de moi Clémence. De ce qui fait partie de mon âme. Je ne laisserais personne réduire mon identité à mes organes génitaux. 

Je sais que tout ce que je vivrais avec n'importe quelle personne sur cette Terre, ça sera toujours différent de tout ce qu'elle a pu vivre avec n'importe quelle autre. Ce n'est pas narcissique ce que je dis là, mais c'est la simple vérité. Ça ne sera pas nécessairement mieux ou moins bien, ce n'est simplement pas comparable. 

Si j'ai aimé celui que j'ai aimé, ce n'était pas parce qu'il était un homme cisgenre mais un être humain dont je suis tombée follement amoureuse. Je l'aimais pour la personne qu'il était dans toute son entièreté, avec tous les petits détails de son corps et de son âme. Et, j'ose espérer qu'il en était de même pour lui. 

Personne n'est "un autre" ou "une autre" car nous sommes simplement tous humains et tous avec différents traits, différentes aspirations. Une femme n'est pas interchangeable avec une autre parce qu'elle est une femme. Elle est plus qu'une simple femme. 

Merci de ne pas me considérer comme une personne avec une vulve et un vagin interchangeable mais comme un être humain, autrement dit, moi, Clémence. Merci de ne pas me donner d'injonction sur ce que je dois faire, ne pas faire avec telle personne car je suis la seule légitime à juger. Laissez moi vivre ma vie en tant que Clémence au lieu de me ramener à mon statut de femme stéréotype.

13/04/2017

Syndrome de l'imposteur : comment je me suis apprivoisée

J'avais commencé à écrire cet article il y a trois mois mais j'avais arrêté, puis je me suis dit que c'était dommage. Pour resituer un peu la situation, en janvier, je venais de passer mes partiels et d'avoir mes résultats. J'avais eu d'excellents résultats, j'en avais jamais eu d'aussi bons et le syndrome de l'imposteur, ce vieil ami a encore pointé son bout du nez. Je me suis donc sentie assez mal puis, j'avais arrêté d'écrire cet article car je me sentais illégitime à me plaindre. Mais, finalement, avec du recul, j'avais envie de revenir sur cet événement pour comprendre la situation et vous montrer comment j'apprends peu à peu à m'apprivoiser.


Si vous avez suivi mon dernier article (que je vous joint ici), vous savez que pendant mes vacances du mois de décembre, j'ai préféré aller voir une amie et profiter de mon copain plutôt que de rester enfermée chez moi. Je suis donc revenue chez moi une semaine avant mes partiels et n'ayant, pour être honnête, quasiment pas relu mon cours de tout le semestre. J'avais donc une semaine à tout casser pour sauver les meubles, le tout couvert d'une bonne grippe des familles. L'éclate, quoi.

Pour commencer ces révisions assez tardives, j'ai, pour la plupart des cours essayé de faire quelques fiches très générales, ce qui a permis de faire remonter des souvenirs et de les lier entre eux. Finalement, je me suis dit que c'est tout ce qu'on me demandait car la plupart des examens que j'ai passé étaient sous forme de dissertation.

Au final, je me suis rendue compte que cette technique avait marché puisque mes résultats étaient bons voire très bons dans certaines matières. Mais, je me sentais un peu bizarre parce pendant le mois de décembre, je voyais des personnes de ma classe impliquées beaucoup plus tôt que moi dans leurs révisions. Je me disais que, logiquement, elles auraient du avoir des meilleurs résultats que moi et que je ne les méritaient pas.

En discutant avec une amie qui elle aussi procrastine beaucoup, travaille au dernier moment et réussit, je me suis rendue compte que je n'étais pas la seule à fonctionner de cette manière-là. Je me suis alors demandée pourquoi je ne devais simplement pas accepter cette manière de travailler qui me correspond et qui finalement a toujours été la mienne depuis le début de ma scolarité.

Dans mon cas, on dit souvent que cette manière assez intuitive de fonctionner est due au fait qu'enfant j'ai été diagnostiquée comme précoce. Je me suis toujours sentie assez mal à l'aise avec cette appellation car les gens pensaient que "surdoué" était égal à "intelligent", sauf que c'est beaucoup plus complexe que cela. Etre précoce c'est avoir un cerveau qui fonctionne différemment, fonctionnement qui est dans la plupart des cas inadapté au système scolaire. Donc la théorie comme quoi les enfants précoces ont les meilleurs résultats est fausse.

Là où je veux en venir, c'est qu'avec cette étiquette de jeune fille précoce, j'ai toujours eu le sentiment que quoi que je fasse, j'aurais toujours des bons résultats que je ne mérite pas. Ce sentiment de ne pas les mériter vient du fait qu'en effet, je n'ai pas une manière dite classique de travailler. Souvent, ça me donne l'impression que je ne "travaille pas" car je ne travaille pas comme tout le monde. Sauf que, je me rends compte que ce n'est pas pour autant que je ne fais rien, la preuve, sinon je n'aurais pas ces résultats-là.

La première chose à laquelle je pense, c'est que malgré tout j'arrive à rester très attentive en cours, à prendre beaucoup de notes et je pense que c'est ce qui me fait le mieux intégrer toutes les informations. Et, mine de rien, rester concentrée c'est pas toujours une mince affaire (surtout avec tous les problèmes techniques de la fac, ahem).
En restant attentive, on peut dire aussi que j'arrive à établir des liens entre le cours précédent et le cours que je suis en train de suivre. J'arrive mieux à comprendre le plan du cours et les informations du cours ne se présentent pas comme un amas de choses qui n'ont pas de lien (ce qui rend l'apprentissage difficile).

Deuxièmement, ça m'arrive de parler d'artistes qu'on a vu pendant les cours à des gens parce qu'ils m'ont fait rire ou m'ont marqué et de restituer une partie du cours à l'oral ou à l'écrit. Du coup, de manière anodine, je suis en train de faire finalement ce qu'on me demande de faire dans des dissertations ou des analyses d’œuvres où je dois expliquer des choses comme si la personne qui me lit ne les connaissait pas.

Ensuite, je peux dire que j'arrive toujours à faire des liens entre ce que j'ai vu en cours et ce que je connais déjà ou ce que je découvre à travers des expositions. De manière inconsciente, je suis en train d'approfondir tout ce que j'ai pu voir en cours, ce qui me permet de mieux le retenir.

En ce qui concerne les projets que je dois réaliser en dehors des matières plus théoriques, souvent c'est pareil que pour les révisions, je m'y mets tard. Pour autant, c'est toujours quelque chose qui me trotte dans la tête un peu à n'importe quel moment de la journée et j'arrive à trouver des idées assez instinctivement et les noter. Je n'organise pas vraiment de sessions définies de travail, j'avance petit pas par petit pas. Pour autant, j'arrive toujours à rendre mon travail en temps et en heure et je suis toujours un minimum satisfaite de ce que j'arrive à rendre.

Ce que j'ai réussi à comprendre, c'est que ma manière de fonctionner est certes différente de ce qu'on nous apprend à faire mais n'est pas moins bonne puisque j'arrive à être satisfaite de mes résultats. Je me rends compte que ma manière de travailler est assez difficile à percevoir comme elle fonctionne beaucoup par l'écoute, l'association d'idée et l'intuition et finalement, pas nécessairement en transcrivant sur le papier. Je n'ai pas vraiment besoin de faire énormément de fiches (mais, j'en fais parfois car ça me donne la conscience plus tranquille).

Ce qu'il faut faire, ce n'est pas se conformer à une manière de travailler mais comprendre comment on fonctionne pour optimiser son temps et s'organiser en fonction. Par exemple, pour ma part, j'avais tendance avant à me garder des tas de journées libres pour me préparer psychologiquement à avoir du temps pour réviser. Sauf que, malgré moi, je ne m'y mettais jamais et attendais toujours les derniers jours. J'ai fini par regretter par la suite de n'avoir pas profité de ce temps pour faire d'autres choses et profiter plutôt que de rester dans une culpabilité de ne pas fonctionner comme tout le monde.

Là où certains de vos amis vont préférer quand ils ont une journée ou une après-midi de libre se mettre pendant une longue durée à la tâche, peut être que vous, vous aurez besoin de décomposer cette tâche avant de vous y mettre. Pour ma part, c'est ce que j'essaie de faire car cette idée de "Je dois faire ça, et ci, et ça" m'angoisse et me paralyse, ce qui me rend improductive. Faire de petit pas, ça peut être tout aussi satisfaisant et ce n'est pas moins bien, c'est juste votre rythme à vous.

Il faut penser également que votre santé mentale prime sur votre réussite scolaire et votre travail. N'hésitez pas à vous accorder des pauses si vous savez qu'à tel moment, vous avez besoin de répit ou que vous n'êtes pas attentifs. C'est tout à fait légitime, vous avez le droit. Ceux qui vous traitent de personne fainéantes et qui jugent votre manière de travailler, il faut juste les remettre à leur place ou bien simplement les ignorer. L'important c'est vous et votre bien être. Peut importe le résultat final, vous avez réussi car vous avez fait de votre mieux et c'est le plus important à retenir.

J'ajouterais aussi que l'individualisme n'est pas toujours forcément quelque chose qui convient à tout le monde, même si c'est souvent ce qu'on nous montre. Vous pouvez décider de travailler en groupe, de discuter entre vous, vous faire réviser des choses. Ça peut être beaucoup plus stimulant pour vous d'avoir l'impulsion des autres pour vous pousser à vous motiver, ça peut être aussi une solution.

Pour conclure, je dirais qu'il faut simplement accepter notre manière d'être, de ressentir et de fonctionner pour déterminer notre manière de travailler. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise méthode, il y a simplement la vôtre, qui n'est pas moins légitime qu'une autre.


N.B. : Mon article n'a pas pour but de promouvoir la réussite scolaire mais avant tout l'accomplissement personnel. J'espère que mon message est bien passé à travers ces lignes.


A bientôt pour de nouveaux articles,
(bien sûr, écrits au dernier moment, comme vous me connaissez)

Clémence.

26/02/2017

Respire

Ca fait un moment maintenant mais j'avais envie de vous parler de mon mois de décembre. J'en ai fait une petite vidéo que vous pouvez voir ici mais j'avais aussi envie d'écrire un peu sur ces images (vous pouvez aussi le mettre en fond musical pour l'article, c'est cool aussi).



Pour vous expliquer un peu le contexte, ma fac a décidé de décaler les partiels en janvier, du coup j'ai fini les cours début décembre avec trois semaines et demi de vacances en vue. Au début, j'avais pour projet de me stresser pendant toutes les vacances pour ces partiels. Puis, j'ai finalement décidé de profiter de ce temps libre pour voir des gens que j'aime que j'avais pas vu depuis longtemps. 

Du 10 au 14 décembre, j'ai décidé de rendre visite à mon amie Sally, à Dijon. Avec elle, je me sens vraiment bien. Elle me ressemble beaucoup, on pense pareil sur pas mal de choses à tel point que j'ai l'impression que c'est comme une soeur que je n'ai jamais eu. 

Comme moi, elle aime faire des photos spontanées. Elle trouve de la beauté chez les gens et elle aime photographier les petits détails. Elle ne prétend pas faire de l'art, elle fait juste ce qu'elle aime.


Sally elle adore les fleurs, sur ses photos, dans sa maison et sur ses vêtements. Quand je suis venue chez elle en août, on portait toutes les deux nos robes avec des fleurs parce qu'il faisait chaud et beau. Même quand on est allées se baigner, on était assorties avec nos maillots à pois. 



Elle aime beaucoup aussi le maquillage. J'adore quand elle me maquille, j'ai l'impression qu'elle fait de la magie sur mon visage. Maintenant moi aussi j'aime me maquiller, ça me permet de mettre de la couleur sur mon visage même quand il est terne et que j'en ai marre de le voir. C'est une sorte de réappropriation de moi-même.

Quand Sally me maquille ♥

Mais Sally, c'est aussi une superbe amie qui me soutient. Quand je recevais des commentaires grossophobes sous mes photos, elle m'a directement défendue. C'est quelque chose qui la touche beaucoup elle aussi et quand je suis avec elle, j'ai l'impression qu'on est plus fortes. 

Pendant ce séjour, j'étais bien. Comme on se ressemble beaucoup, jamais je me suis sentie jugée pour quoi que ce soit. Je pouvais lui parler de ce que je voulais et il y avait jamais de malaise.

Le premier jour, on est allé en bas de chez elle faire quelques photos. Il y avait du givre partout, ça paraissait complètement enneigé.




Quelques jours plus tard, j'ai rencontré son amie Axelle dont je suivais un peu les vidéos asmr sur Youtube (allez voir ses vidéos elle est trop douce) et que je voyais sur les photos de Sally. Elle était vraiment toute chou et drôle. Ca m'a fait vraiment plaisir de voir une personne aussi adorable avec moi alors qu'on se connaissait pas. 



Le soir juste avant, j'ai eu une espèce de lubie j'ai dit à Sally "Il faut que je fasse des photos avec des paillettes!". Du coup, quand on était en ville avec Axelle et Sally, j'ai trouvé des petites étoiles dorées. Le soir, en rentrant, j'ai décidé de prendre en photo les vergetures de Sally et d'y ajouter ces étoiles, comme je sais qu'elle a beaucoup de mal à les accepter.



Après ces quelques jours, je suis rentrée chez moi pour repartir quatre jours plus tard pour un séjour avec mon amoureux. C'était des grosses retrouvailles après trois mois l'un sans l'autre. Pendant neuf jours on s'est plongé dans notre bulle, comme on l'habitude de le faire et ça nous a fait du bien. On a passé quelques jours à Paris, puis, avant Noël, on est revenus pour faire notre Noël tranquille à deux chez lui dans le Sud.

Il a été vraiment adorable du début à la fin pendant ce séjour. On a fait pleins de trucs et on a pris du temps pour nous, enfin et ça nous a fait du bien. J'ai complètement oublié ces partiels quand j'étais avec lui.

Un des premiers soirs ensemble, il m'a dit "On va où tu veux" et on est allé dans mon restaurant thaï préféré. Depuis mon voyage en Thaïlande, je peux pas me passer de nourriture thaïlandaise donc ça m'a fait trop plaisir.

A Paris, on est allé à la patinoire du Grand Palais et c'était des supers souvenirs. Il y avait une ambiance de boite de nuit alors qu'on était sur la glace, c'était vraiment trop drôle. Il avait jamais patiné, du coup c'était l'occasion de m'improviser professeur de patin à glaces!
Puis, on s'est pas mal balladé dans Paris en regardant les décorations de Noël du BHV, des Galeries Lafayettes et du Printemps... J'aime bien cette ambiance dans Paris.



On a fait quelques visites aussi, au Louvre et aux Invalides. J'ai redécouvert le Louvre et découvert les Invalides. C'était assez intéressant et surtout, il y avait de très jolis endroits.








Puis, on est rentré dans le sud pour aller chez lui. Le lendemain, il est tombé malade puis moi aussi. Du coup, on a passé la fin du séjour à se moucher et à rester au chaud sous un plaid tranquillement mais c'était chouette d'être ensemble. On a essayé de cuisiner un peu pour Noël et j'adore cuisiner avec lui parce qu'il est aussi (voire plus) gourmand que moi. Notre coup de coeur c'était ce tiramisu/buche aux fruits rouges, c'était délicieux.


Le dernier jour, on a décidé de sortir. On est allé à Palavas les Flots pour une petite ballade à la mer. A ma surprise, lorsque nous sommes arrivés il y avait le coucher de soleil qui commençait. Il y avait quasiment personne, l'ambiance était vraiment magique. Le ciel était rose, puis devenait peut à peu bleuté, violet, rose, orange... C'était vraiment un souvenir inoubliable et sûrement le plus beau coucher de soleil que j'ai pu voir jusqu'à présent.




 




A l'occasion de cette ballade, j'ai pris aussi quelques photos de mon copain qui a bien voulu faire le modèle.



Enfin, le lendemain je suis rentrée à Paris. Certes, avec une bonne grippe mais avec des souvenirs plein la tête.

Finalement, j'ai eu une petite semaine pour travailler avant mes partiels et la grippe m'a pas aidé mais j'ai réussi mine de rien, j'ai fait de mon mieux. Et résultat, je ne sais pas par quelle magie mais mon semestre a été le plus réussi de tous depuis la L1. Peut-être que j'étais moins stressée? Je sais pas vraiment.

J'avais envie à la fois de vous partager tous ces beaux moments mais aussi de vous dire que vraiment, il faut arrêter de se foutre trop la pression dans votre activité, peut importe ce que vous faites. Accordez vous des pauses. Allez voir ceux que vous aimez. Plus tard, vous vous souviendrez de ces moments précieux et pas de votre moyenne.


16/10/2016

Le bodypositivism et moi

Il y a un mois j'ai été photographiée pour un projet dont je vous ai parlé dans un précédent article (cf. Femme). Je vous ai parlé de la photographe Jeanne Ménétrier et de son projet sur le genre humain auquel j'allais prochainement participer. Elle m'a posé deux questions à ce sujet auquel j'ai répondu avant que l'on se voie. Puis, lorsque l'on s'est vues, on a énormément discuté de ce que j'avais écrit, elle m'a demandé d'approfondir et c'était extrêmement intéressant. Honnêtement, je crois que je m'étais jamais sentie aussi bien en tant que modèle, tout simplement parce que je n'avais pas l'impression d'en être une mais juste d'être moi-même, voilà pourquoi je voulais vous parler aujourd'hui.


Dans ce texte, il y a un passage où j'ai écrit "Que l’on cesse d’utiliser nos corps comme des panneaux de revendication et qu’on commence à vivre dedans." et cela faisait sens pour moi quelques mois auparavant mais d'autant plus aujourd'hui compte tenu d'un événement. 

La veille de la séance avec Jeanne, je suis montée sur ma balance. Pour être honnête avec vous, je ne monte plus sur ma balance depuis un moment, je me porte mieux comme ça. J'essayais depuis deux ans de me regarder dans le miroir et d'accepter mon corps pour ce qu'il est et pas pour ce qu'il représente, à savoir, des chiffres. Ce soir-là, je me suis rendue compte que je pesais environ 15 kilos de plus que ce que je pensais et toute la soirée je me suis sentie mal dans ma peau, je me suis effondrée.
Quelques semaines auparavant, je me disais de temps en temps que peut-être je me sentirais mieux dans ma peau si je perdais du poids. Mais j'avais toujours quelque chose dans ma tête qui me disait que je ne devais pas mincir parce que c'était me trahir. 

Comme je vous en ai parlé dans de précédents articles, je disais m'être mise à me photographier nue tout d'abord pour aboutir à mon projet Floraison mais aussi pour me sentir mieux dans mon corps. Au final, j'ai le sentiment que ça a produit tout l'inverse. Suite à ces photos, j'ai reçu des commentaires comme quoi j'étais "courageuse", j'ai peut être crée un idéal dans les yeux de certains et finalement, peut être que si je n'étais pas ronde, mes photos n'auraient pas eu autant de succès. Finalement, ce qui apparaît aux yeux des gens c'est plus l'image que véhicule mon corps nu plutôt que le message artistique que j'ai voulu faire passer derrière dans cette série.
J'ai toujours été une fille complexée et depuis que je suis jeune, je me dis que j'aimerais trouver de nouveaux idéaux. Je me dis aussi que si j'avais vu une fille ronde que j'admire craquer et se mettre à mincir j'aurais eu envie de le faire aussi. Cependant, ce n'est absolument pas ce que je veux.


Je ne veux plus que mon corps véhicule un message. C'est ça que je voulais dire par "Que l’on cesse d’utiliser nos corps comme des panneaux de revendication et qu’on commence à vivre dedans." et c'est encore plus vrai pour moi aujourd'hui. 

Une amie qui lit mon blog m'a envoyé le lien vers une vidéo d'une américaine qui explique qu'en publiant des vidéos d'elle en train de montrer ses tenues, les gens dans les commentaires se focalisaient sur son corps et un peu comme moi lui disaient qu'elle était "courageuse" et la casaient dans la case "ronde" sans qu'elle n'aie rien demandé. J'aime particulièrement cette vidéo et surtout cette phrase (5:28). Cela retranscrit totalement la façon dont je me sens maintenant.


 "I feel like we need to stop saying "bobyconfident", like the word "body" like "body, body, body, body" as that is what is important. I feel like we just need to concentrate on being confident and happy within ourselves rather than really worrying about what we look like."

Pendant cette séance photo, Jeanne a voulu que je me comporte comme si j'étais seule chez moi, en me demandant par exemple de m'allonger sur mon lit de la manière dont j'ai l'habitude de le faire. Parfois, c'était difficile d'oublier la caméra parce qu'à force de poser on peut essayer de changer l'image de nous-même, changer d'expression. Mais finalement, après tout ce travail à la fois sur moi-même et sur le projet de Jeanne, le résultat m'a assez bluffée. Certes, c'est différent de tous les photographes qui ont pu me photographier et je ne suis pas sublimée, magnifiée mais c'est juste moi et me sentir moi, c'est finalement tout ce dont j'ai besoin aujourd'hui.

 Toutes ces photographies ont été réalisées en argentique avec une double exposition, aucune retouche.

Vous pouvez retrouver l'intégralité de son projet ici.






13/07/2016

L'angoisse de la solitude

J'ai toujours eu du mal à jeter les choses, à marquer un point final. Vous aussi peut-être avez déjà ressenti ce sentiment, en rangeant votre bureau après de longues années de négligemment, d'être incapable de trier vos vieilles affaires. C'est une sorte de satisfaction de savoir qu'on est entouré de choses, même si elles ne nous font plus vibrer comme avant.

Dès fois, je ressens un peu la même chose vis-à-vis des gens. J'ai souvent tendance à laisser traîner les relations. Je pense aux souvenirs ensemble, à tout ce que j'ai pu confier et je ne me demande même plus si la relation produit du bon ou du mauvais.

En vérité, j'ai peu de relations proches avec les gens. J'ai souvent changé d'endroit, d'établissement scolaire et j'ai pas eu le temps de construire des relations de longue dates. Quand on est jeune, j'ai l'impression qu'on est censé avoir plus de contacts, de connaissances que d'amis, qu'on doit avoir une sorte de cercle autour de nous. Pour ma part, j'ai du mal à avoir des relations légères, je m'attache vite et fort aux gens. C'est d'ailleurs pour cela que pour quelqu'un de mon âge, je "sors peu". Je ne vois pas souvent du monde, mais quand je suis entourée c'est fort, c'est intime. Ces personnes, rares et précieuses pour moi, je les retrouve comme des cadeaux. J'ai l'impression que par mon hyper disponibilité, je me dois de les honorer et de faire tout pour que nos moments ensembles soient les meilleurs, qui à enfouir mes tracas et oublier leurs défauts. J'ai peur de les perdre, peur d'être seule alors je ne dis pas ce qui fâche, ou bien, pire, je ne m'en rends pas compte tellement je suis euphorique. 

Il y a trois mois, j'ai coupé les ponts avec quelqu'un et c'est rare que je le fasse. C'était quelqu'un dont j'avais été assez proche. Il y a avait eu une ambiguïté entre nous qui a cessé mais nous avions continué à échanger, se donner nos nouvelles, nous confier. Je l'ai revu en début d'année et il savait que j'étais toujours seule, que sortant peu j'avais peu de chance d'avoir rencontré quelqu'un entre temps. De ce fait, il s'est permis de me dire qu'il avait envie de coucher avec moi, que j'étais "vulnérable comme les autres", comme si j'étais un jouet resté à sa disposition depuis plus d'un an. Il m'a dit qu'il m'avait manipulée il y a plusieurs années, qu'il s'en voulait, tout en continuant à le faire par le biais de ses excuses. Et ça, je l'ai compris en parlant à quelqu'un de l'extérieur qui m'a dit que c'était affreux de me dire des choses pareilles. Et là, j'ai compris que je ne pouvais pas arranger le problème, que je devais mettre un point final et radical. Je rêvais de le faire depuis longtemps mais je n'osais pas parce c'était le premier garçon qui faisait mine de s'intéresser à moi et j'avais l'impression que ça n'arriverait plus jamais. Je me mentais à moi-même et mentait aux autres en leur disant que quelqu'un s'intéressait à moi, que j'allais bien.

Ce que je tire de cette histoire, c'est que je ne veux plus me mentir à moi-même et mentir aux autres. Je veux dire les choses aux gens, être vraie avec eux. J'ai compris que les relations ça s'entretenait, qu'il fallait parler avant que les mauvaises herbes nous dévastent et nous encerclent. Et aussi que les relations étaient plus fortes, plus riches quand on se dit les choses, quand on sort nos tripes.
Mais aussi qu'il valait parfois mieux que je cultive mon jardin moi-même plutôt que de laisser quelqu'un en faire un terrain vague. Ce que j'ai compris aussi, c'est que ça "craint" pas d'être seule, mais que c'est une force. J'ai le sentiment que plus chez les filles que chez les garçons, c'est devenu une sorte de convention sociale d'être accompagnée pour tout et n'importe quoi. Mais je sais que la seule personne qui peut me donner confiance en moi, de la force c'est moi et toute l'attention extérieure ne m'en donne que l'illusion.

Il y a une autre expérience il y a peu qui m'a marquée. J'ai été invitée à la remise de prix d'un concours photo auquel j'avais participé. C'était une sorte de soirée dans un bar/club à Paris où il y allait avoir tout un tas de gens que je ne connaissais pas et la première pensée que j'ai eu c'était "il faut que j'y aille avec quelqu'un". J'ai alors proposé à quelques amies qui m'ont défilé, puis j'ai posé un statut sur mon mur sans aucune réponse. J'hésitais à ne pas y aller mais au dernier moment, je me suis habillée, maquillée je suis sortie, j'avais une date avec moi-même. Au début de la soirée, je suis restée un peu seule, je trépignais en attendant les résultats puis, je suis restée et je suis allée parler timidement à deux filles qui étaient là. On a parlé pendant peut-être vingt minutes de photographie, d'argentique, de ce qu'elles aimaient puis elles ont rejoint leurs collègues et je suis rentrée chez moi.

Photo prise à cette soirée
C'est bête mais j'étais tellement contente d'être sortie seule et d'avoir réussi à parler à des inconnus pendant plus de dix minutes sans me sentir illégitime de le faire. J'avais comme une énergie positive qui se propageait dans tout mon corps et qui me disait "You go, girl". Et là, j'ai compris que j'étais capable, que j'avais pas de honte à être seule à cette soirée et que ça ne faisait pas de moi quelqu'un d'associable.

Alors, s'il te plait, toi qui me lis et qui te sens peut-être seul(e), comprends que tu vaux autant que toute autre personne sur Terre et que ton nombre d'amis n'estime pas ta richesse intérieure. Qu'il vaut mieux être seul que d'entretenir des relations toxiques. Qu'il faut célébrer qui tu es

13/06/2016

Femme

Aujourd'hui j'avais envie de vous partager un texte que j'ai écrit il y a deux mois pour Jeanne Ménétrier, jeune photographe qui s'est lancée dans un projet sur les genres humains. Pour ce projet, elle établit un travail personnel avec chaque modèle en lui posant deux questions et oriente son travail selon les réponses de chacun : Qu'est-ce que la féminité/masculinité pour toi? Comment vis-tu le fait d'être femme/homme aujourd'hui? Je vous invite à aller jeter un oeil à son projet ici

Voici ce que j'ai écrit. 

"Qu'est-ce que la féminité? Comment vis-tu le fait d'être une femme aujourd'hui?"

Etant jeune j’ai eu le sentiment qu’on me répétait beaucoup « être femme c’est être… » ou « être femme c’est faire… ». En tant que jeune fille en quête d’identité, je suis passée dans une phase où j’essayais de répondre à ces schémas pré mâchés que j’acceptais, sans me demander pourquoi ils s’imposaient à moi. J’en ai beaucoup souffert parce que je me rendais compte petit à petit que je n’y correspondais pas. J’ai alors vu d’autres tendances un peu en réponses à ces clichés qui s’énonçaient comme « être femme c’est ne pas être… c’est être… ». Au début, je me disais que c’était une belle initiative, qu’il fallait répondre, se battre contre ces premiers clichés très présents dans les médias comme quoi la femme serait distinguée, axée sur son apparence. Je pensais qu’effectivement si les femmes se comportaient de cette manière c’était à cause de ces idéaux qu’on nous imposait.


Cependant, en grandissant je me suis rendue compte que des femmes souffraient également de ces sortes de nouvelles normes en réponses aux premières. Je me suis rendue compte que certaines femmes prenaient réellement du plaisir à prendre soin d’elles, à entretenir leur corps et j’ai compris à quel point elles aussi, elles subissaient des discriminations. Les idéaux tentent de nous dissocier, de nous séparer mais ce qui fait notre unité est que nous souffrons toutes à cause d’eux. Alors j’ai commencé à me demander si la solution ça ne serait pas simplement de trouver la féminité dans chaque femme plutôt que dans des minorités correspondant à des critères.


J’aimerais dire que la féminité c’est être libre, fraîche, intemporelle. J’aimerais qu’on cesse de définir la féminité à notre place et qu’on nous laisse la développer comme on l’entend. J’aimerais dire qu’être femme ce n’est pas être soit Marylin Monroe soit Kate Moss mais les deux à la fois. Que l’on cesse d’utiliser nos corps comme des panneaux de revendication et qu’on commence à vivre dedans.
(conf. un précédent article)




En ce qui me concerne, aujourd’hui je suis femme dans mon corps et j’aime cela mais je ne pense pas pour autant que cela détermine ma manière d’être. Le premier exemple qui me vient en tête est mon apparence, ma manière de m’habiller ; on me dit souvent que je suis assez féminine parce que je porte souvent des robes mais j’ai le sentiment d’en porter simplement parce que j’aime ça plus que parce que c’est féminin. Je fais un peu ce qui me plait, je pioche dans tous les dressings, que cela soit celui de mon petit frère, de ma grand-mère ou de ma mère. Je me rends compte chaque jour qu’il y a des choses, des actions que je considère comme unisexes qui sont masculines pour certains, ne le sont pas pour d’autres…




Je pense que finalement c’est le regard des autres qui nous forge nos concepts de féminité ou de masculinité et qui fait douter de ce que l’on est. Aujourd’hui je suis femme, je suis heureuse d’être une femme mais j’aimerais que mes goûts, mes choix, mes opinions, mes rêves soient entendus comme provenant d’un être humain à part entière et non pas simplement comme provenant d’une femme parmi tant d’autres. J’aimerais que l’on me détermine par mon expérience de vie plus que par mon sexe d'origine.