13/06/2016

Femme

Aujourd'hui j'avais envie de vous partager un texte que j'ai écrit il y a deux mois pour Jeanne Ménétrier, jeune photographe qui s'est lancée dans un projet sur les genres humains. Pour ce projet, elle établit un travail personnel avec chaque modèle en lui posant deux questions et oriente son travail selon les réponses de chacun : Qu'est-ce que la féminité/masculinité pour toi? Comment vis-tu le fait d'être femme/homme aujourd'hui? Je vous invite à aller jeter un oeil à son projet ici

Voici ce que j'ai écrit. 

"Qu'est-ce que la féminité? Comment vis-tu le fait d'être une femme aujourd'hui?"

Etant jeune j’ai eu le sentiment qu’on me répétait beaucoup « être femme c’est être… » ou « être femme c’est faire… ». En tant que jeune fille en quête d’identité, je suis passée dans une phase où j’essayais de répondre à ces schémas pré mâchés que j’acceptais, sans me demander pourquoi ils s’imposaient à moi. J’en ai beaucoup souffert parce que je me rendais compte petit à petit que je n’y correspondais pas. J’ai alors vu d’autres tendances un peu en réponses à ces clichés qui s’énonçaient comme « être femme c’est ne pas être… c’est être… ». Au début, je me disais que c’était une belle initiative, qu’il fallait répondre, se battre contre ces premiers clichés très présents dans les médias comme quoi la femme serait distinguée, axée sur son apparence. Je pensais qu’effectivement si les femmes se comportaient de cette manière c’était à cause de ces idéaux qu’on nous imposait.

Cependant, en grandissant je me suis rendue compte que des femmes souffraient également de ces sortes de nouvelles normes en réponses aux premières. Je me suis rendue compte que certaines femmes prenaient réellement du plaisir à prendre soin d’elles, à entretenir leur corps et j’ai compris à quel point elles aussi, elles subissaient des discriminations. Les idéaux tentent de nous dissocier, de nous séparer mais ce qui fait notre unité est que nous souffrons toutes à cause d’eux. Alors j’ai commencé à me demander si la solution ça ne serait pas simplement de trouver la féminité dans chaque femme plutôt que dans des minorités correspondant à des critères.


J’aimerais dire que la féminité c’est être libre, fraîche, intemporelle. J’aimerais qu’on cesse de définir la féminité à notre place et qu’on nous laisse la développer comme on l’entend. J’aimerais dire qu’être femme ce n’est pas être soit Marylin Monroe soit Kate Moss mais les deux à la fois. Que l’on cesse d’utiliser nos corps comme des panneaux de revendication et qu’on commence à vivre dedans.
(conf. un précédent article)




En ce qui me concerne, aujourd’hui je suis femme dans mon corps et j’aime cela mais je ne pense pas pour autant que cela détermine ma manière d’être. Le premier exemple qui me vient en tête est mon apparence, ma manière de m’habiller ; on me dit souvent que je suis assez féminine parce que je porte souvent des robes mais j’ai le sentiment d’en porter simplement parce que j’aime ça plus que parce que c’est féminin. Je fais un peu ce qui me plait, je pioche dans tous les dressings, que cela soit celui de mon petit frère, de ma grand-mère ou de ma mère. Je me rends compte chaque jour qu’il y a des choses, des actions que je considère comme unisexes qui sont masculines pour certains, ne le sont pas pour d’autres…




Je pense que finalement c’est le regard des autres qui nous forge nos concepts de féminité ou de masculinité et qui fait douter de ce que l’on est. Aujourd’hui je suis femme, je suis heureuse d’être une femme mais j’aimerais que mes goûts, mes choix, mes opinions, mes rêves soient entendus comme provenant d’un être humain à part entière et non pas simplement comme provenant d’une femme parmi tant d’autres. J’aimerais que l’on me détermine par mon expérience de vie plus que par mon sexe d'origine.

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